JenepeuxplusJe suis victime d'un moi-même que j'aimerais plus glorieux, un peu plus heureux et moins haineux. J'ai tellement essayer d'approcher la perfection, mais elle se protège tellement bien qu'à peine l'on pose un regard sur elle, qu'elle nous a déjà repoussé à des années lumières de son pouvoir étincelant et bouleversant. Il n'y a pas de réel mot pour décrire mon état d'esprit, peut-être tourment ou torture. Noeud conviendrait peut-être si l'on opérait mon corps, on y découvrirait probablement les frustrations d'une vie jeune et déjà si fébrile. J'ai trop de maux à guérir, et tellement de défauts auquels je voudrais donner la mort. Si l'on commencait par s'accepter un peu, peut-être que le reste suivrait. "Lorsque tu seras quelqu'un de bien, tu trouveras quelqu'un de bien". Je perds un temps précieux, chaque jour et chaque nuit. Ma fainéantise m'anéantira un jour. Je n'ai jamais su rester moi-même, j'ai trop besoin de me faire accepter par les autres, et ce fait m'oppresse et m'empêche de vivre en paix. J'ai un esprit béliqueux, et chaque fois que je peux attaquer je le fait. Le monde me rend malade, et je me questionne sur mon devenir. Trop de rêves. Et pas assez de temps pour penser les réaliser. Je ne veux pas me contenter de la médiocrité. J'ignore si là réside ma qualité ou mon défaut principal. J'ignore beaucoup de choses en effet. J'ai pas beaucoup de conversation, en fait, la culture générale n'est pas vraiment mon point fort sans être non plus mon point faible. Je suis trop romantique, or on vit en enfer et ici il n'y a pas vraiment de place pour les carrosses et les souliers de verre. Je suis désespérée beaucoup trop vite, en fait l'espoir est un plaisir que je m'accorde pas. Mes nuits sont hantées par les fantômes d'autres nuits.. Ma vie est une maison hantée et j'ai l'impression qu'à chaque fois que je détourne le regard ce n'est que pour voir une autre horreur, un dessein machiavélique visant à me faire tomber encore plus bas. Un coup bas du ciel, m'obligeant à me soumettre à d'autres protagonistes, d'autres personnes, qui sont elles mêmes en pleine recherche d'un bonheur. Mais, où est-il ? On le cherche tous, et personne ne met la main dessus. L'amour. Il n'y a plus de place pour les sentiments avec les gens que l'on fréquente, ils sont eux-mêmes victimes d'une déchéance qu'ils ne contrôlent plus depuis longtemps. C'est vrai qu'il nous manque une boussole pour guider nos existences, mais au lieu de la chercher, on se morfond et on laisse tout aller à la dérive. Après tout, tous les chemins mènent à Rome, et pour les humains, Rome c'est la Mort. Regarder comme les lettres se ressemblent. C'est bien un signe : n'importe quel chemin vous prendrez par la suite vous conduira vers une mort certaine et tellement désuée de sens. Et pour continuer, l'ingénue c'est moi. La pudeur, et l'élégance, j'aurais dû vivre à une certaine époque. Là où on avait des grandes robes qui virevoltaient tout autour de nos corps élancés. Là où l'on savait encore à quoi s'attendre. La technologie me fait peur. Je suis une adepte de la nature, je suis victime du mot style. En effet j'arrive pas à déterminer le mien, et les circonstances ont toujours raison de moi. Pauvre moi, je ne me plains pas. Il n'y a pas de place pour les pleurnicheries, et pourtant mes larmes coulent toujours et elles ont toujours le même goût amer. Je n'ai jamais réussi à vraiment aimer , je n'ai pas oublié non plus, tous ces moments, seulement mes yeux refusent de les revoir, car ces images m'anéantissent ; de voir à quel point j'ai touché le bonheur des doigts et comment tout est tombé m'arrache le coeur. On m'a dit que la chance tournait, et moi que je demande qu'à la voir, cette furieuse, tourner, pour une fois, en ma faveur. Une bataille se prépare, et il va falloir vaincre nos démons, il va falloir prendre confiance et se libérer d'un envahisseur que l'on aurait jamais pu qualifier de ravageur : nous-mêmes. Nos ennemis se sont nous.. Car la seule personne qui peut nous tirer vers le bas, c'est nous même. J'ai tellement envie de gagner le coeur de quelqu'un, que pour ça je suis prête à mille sacrifices, mais je crois que le plus grand cap à passer est le fait de s'auto-délivrer. Provoquons le bonheur.
M.